La construction du paysage urbain
Les éléments de notre paysage actuel sont le résultat de données physiques (relief, situation géographique), mais aussi des transformations successives qui ont marqué l'histoire de la commune.
La commune de Malakoff présente cette particularité de n’avoir aucun héritage caractéristique de la ville traditionnelle : pas de château, pas de village.
Elle n’est d’ailleurs née administrativement qu’en 1883 de la séparation d'un quartier de Vanves.
Le relief et la géologie
Un terrain très plat
Une dénivellation de 18 mètres sépare le point le plus bas de la commune au nord du point le plus haut à l’extrême sud. La partie de la commune la plus proche de Paris participe du relief parisien. C’est une plaine faiblement dénivelée qui s'étend sur les 14e et 15e arrondissements de Paris, Vanves et Montrouge.
Le dénivelé est plutôt situé dans la partie sud et des vues sont perceptibles notamment depuis le boulevard de Stalingrad.
Ce relief plus marqué annonce les coteaux de Clamart et le plateau sur lequel se situe l’observatoire de Meudon.
Le relief n’a pas été un élément déterminant dans la constitution des paysages de la commune.
L’on peut toutefois noter que les premières constructions ont été édifiées dans la partie nord de la commune, où le terrain était le moins accidenté.
C’est par contre dans le sud du territoire, où l’altitude est plus élevée, qu’à été édifié le fort de Vanves qui fait partie de la ceinture des forts construits sur les points les plus hauts à 2 km des limites de Paris. La route stratégique qui les reliait (aujourd’hui le boulevard de Stalingrad) a été le premier axe routier de communication desservant le sud du territoire.
Le sol de la commune
Il est assez pauvre, formé d’une mince couche de terre végétale reposant sur une couche silico-argileuse, assise elle-même sur de la pierre tendre (calcaire grossier).
Sur une grande partie du territoire, le sol est constitué de remblais car le calcaire grossier a été extrait jusqu’au XXe siècle pour fabriquer des pierres à bâtir.
Aujourd’hui, dans les périmètres d’exploitation de ces anciennes carrières, totalement ou partiellement remblayées, des mouvements de terrain ou des affaissements peuvent se produire. L’édification des nouvelles constructions est bien souvent subordonnée à la réalisation de travaux préalables de consolidation du sol.
Grandes étapes de la formation de la commune
Au XVIIIe siècle
La plaine de Montrouge, futur territoire de Malakoff, était un vaste espace agricole avec des zones boisées. L’unique construction datant de cette époque est l’actuelle Maison des Arts, ancien pavillon de chasse.
La plaine était sillonnée de chemins ruraux préfigurant le tracé des principales artères de la commune : rue Gambetta, avenue Pierre-Larousse, boulevard Gabriel-Péri, avenue Augustin-Dumont, rue Paul-Vaillant-Couturier, rue Hoche.
Vers Paris, deux voies d’accès existaient déjà : les futures avenues Pierre-Brossolette et Jean-Bleuzen à Vanves.
Champs et forêts couvraient alors le territoire, mais la géométrie des lieux était déjà en place : deux lignes parallèles vers Paris et des lignes biaises traversant le territoire.
Au XIXe siècle
1859 : Lotissements ouvriers et bâtiments agricolesLa construction d’un lotissement au pied de l’enceinte de Paris marqua le début de l’urbanisation. Créé en 1850 à l’initiative de Chauvelot, il s’étendit de part et d’autre des rues Pierre-Larousse et Gambetta.
À la même époque, les fortifications en limite de Paris, le fort de Vanves et la voie ferrée Paris-Versailles furent édifiés. Dès lors, les futures limites communales furent toutes dessinées.
La coupure brutale de la nouvelle voie ferrée isola le quartier nouvellement créé du centre de Vanves. C’est l’une des raisons qui provoquèrent en 1883 sa partition. La commune de Malakoff était née. Les premiers équipements publics, mairie, église, école et cimetière, apparaissent.
Au début du XXe siècle
1917 : Les premiers immeubles collectifs. Maraîchers et jardins au sudL 'urbanisation se développa vers le sud jusqu'à l'avenue Augustin-Dumont et le long de l'actuelle route départementale 906.
La zone de servitude militaire liée aux fortifications et annexée à Paris avait en effet gelé tous les terrains situés le plus au nord de la commune et les premiers lotissements construits furent démolis.
La commune s’enrichit de nouveaux lotissements et immeubles collectifs. Plusieurs usines s’implantent le long des grands axes. Quelques bâtiments industriels datant de cette époque subsistent de nos jours, par exemple la fabrique "Clacquesin" située avenue du Maréchal-Leclerc. Ils constituent des témoins intéressants des débuts de l'ère industrielle.
L'urbanisation se développa jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale sur tout le territoire communal jusqu'à la limite de Clamart.
La commune prit définitivement un caractère urbain, mais il y avait encore d’importantes terres maraîchères.
Selon toute apparence, aucun plan préétabli ne présidait au développement urbain, qui relevait plutôt de la progression en tache d'huile. La voirie était réalisée au fur et à mesure des nouveaux besoins à partir des axes préexistants.
Une nouvelle voie ferrée s’implanta à travers le territoire communal (actuelle voie métro et T.G.V.). Cette voie ferrée en hauteur enjamba les voies Nord/Sud déjà constituées (Guy-Moquet, Paul-Bert, Nicomedès-Pascual) mais constitua toutefois un talus infranchissable entre ces points de passage.
Après la guerre et à partir des années 50
1940 : Le sud s'urbanise. Grands sites industriels et premiers équipements
L 'urbanisation reprit son cours et s’intensifia.
Elle fut marquée dans les années 1950/70 par l’apparition d’ensembles collectifs qui furent édifiés sur les anciens terrains maraîchers. Une opération de rénovation du quartier nord fut engagée par la préfecture de la Seine.
Le nouveau paysage de grands immeubles lié à ces opérations d’ensemble était en rupture avec les principes traditionnels de la ville : rue et îlot.
1960 : L'irruption des immeubles collectifsCette rupture était tantôt brusque, comme pour la rénovation où le contraste fut important dans un quartier constitué de petites rues et de maisons, et tantôt assez bien intégré, comme dans le sud où des voies plus larges et plantées facilitèrent la juxtaposition de tissus et de bâtis différents.
Parallèlement, la commune réalisa un important effort d'équipement : stades, écoles, crèches, etc.

